Recherches sur les « Pontiques » d’Ovide (livres I et II)

Communications de la Journée d’agrégation et de recherche sur les Pontiques d’Ovide (livres I et II).

Le 22 mai 2019 s’est tenue à Lille, une Journée d’agrégation et de recherche consacrée aux livres 1 et 2 des Pontiques d’Ovide, au programme du concours de l’agrégation externe 2019 et 2020. L’événement a été co-organisé par le laboratoire HALMA – UMR 8164 et la Faculté des Humanités de l’Université de Lille (org. S. Clément-Tarantino et F. Klein). Afin que les communications présentées lors de cette journée soient accessibles aux candidats à l’agrégation et à tous, Florence Klein et Séverine Tarantino ont choisi de les publier sur le blog Insula.

Sommaire

Selon les communications, le mode de restitution peut comporter un texte, des documents, un diaporama, une vidéo.

« Quelques mots d’introduction », par Séverine Clément-Tarantino

Grâce au programme d’oral de l’agrégation externe de Lettres classiques 2018-2020, une des œuvres d’Ovide ayant globalement reçu le moins d’attention de la part des critiques s’est trouvée heureusement mise en avant : il s’agit des Pontiques (ou « Lettres du Pont », Epistulae ex Ponto), qui réunit peut-être les derniers poèmes composés par Ovide alors qu’il se trouvait relégué dans la ville de Tomes, au bord de la Mer Noire (Tomes est généralement identifiée à la ville moderne de Constanza en Roumanie). L’œuvre a certainement souffert de cette dernière position : elle a en particulier semblé redondante par rapport à sa « sœur » les Tristes, l’autre grand recueil d’élégies d’exil.

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« Les années d’exil d’Ovide mises en contexte : lectures “impériales” des Tristes et des Pontiques », par Stéphane Benoist

Résumé :
Stéphane Benoist prend appui sur les œuvres d’exil d’Ovide,
Tristes et Pontiques, afin de dépeindre le contexte général de la fin du principat d’Auguste et le début de celui de Tibère. Le poète, soucieux de son rappel d’exil, témoigne de moments importants de la vie de l’Vrbs, rituels, événements politiques, etc. Il est important de mesurer de mesurer l’apport des œuvres de ces années 8-17 de notre ère, la dernière phase du principat augustéen étant par ailleurs la moins bien connue. Le poète demeure un observateur précieux des realia romains, en particulier le fonctionnement de la société politique de son temps, réseaux sociaux et cérémonies publiques.

Pour la version écrite de cette publication, voir Stéphane Benoist, Florence Klein et Cyrielle Landrea, « 8-17 de notre ère, Ovide à Tomes : lectures croisées des Tristes et des Pontiques » à paraître dans les Actes du Congrès du GIS Humanités qui s’est tenu à Lyon du 17 au 19 décembre 2018, à paraître aux éditions Classiques Garnier.
1e partie : S. Benoist, « Les années d’exil d’Ovide mises en contexte : lectures « impériales » des Tristes et des Pontiques.

« Mémoire et images mentales dans les Pontiques 1 et 2 » par Ruth Webb

Résumé :
L’exil pousse Ovide à développer une forme particulière d’enargeia, celle qui lui fait se représenter mentalement les lieux loin desquels il se trouve ainsi que certains de ses amis : c’est le processus de la « vision mentale » qui a été plusieurs fois relevé par les commentateurs des Tristes et des Pontiques. Il s’agit ici de décrire plus précisément le processus en le référant au cadre théorique rhétorique dont il relève et en tenant compte des différents passages où il se manifeste.

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« Pont. 1, 2, 121 et 2, 2, 115-116 : retour sur une allusion callimachéenne », par Florence Klein

Résumé :
Dans les Pontiques 1, 2 et 2, 2, l’évocation d’un Auguste lent à punir et prompt à récompenser a été rapprochée d’un passage des Aitia de Callimaque qui compare implicitement le roi Ptolémée à une statue de l’Apollon Délien représenté avec un arc et des flèches dans la main gauche et les Charites dans la main droite. Florence Klein revient sur cette allusion d’Ovide à son modèle hellénistique pour en réinterpréter le sens, notamment par contraste avec sa reprise dans l’éloge de Germanicus.

Pour la version écrite de cette contribution, voir Florence Klein, « Ovide, Pontiques, I, 2, 121 et II, 2, 115-116 : retour sur une allusion à Callimaque (fr. 114b Pf) », Vita Latina 200, 2020, p. 143-155.
[À noter que cet article est disponible actuellement sur le site de Vita Latina jusqu’au 30 juillet 2020 : http://vitalatina.fr/wp-content/uploads/2019/12/Article-KLEIN-VL-200.pdf]

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« De la mélancolie du disgracié. Étude d’un vestige ovidien dans les Mémoires du duc de Saint-Simon », par Damien Crelier

Résumé :
Saint-Simon, dans la chronique de 1709 de ses Mémoires, s’appuie sur la présence d’un distique des Tristes, qu’il aperçoit gravé sur une cheminée, pour méditer sur la mélancolie et la solitude qui semblent immanquablement le lot de tout disgracié. Mais l’amitié peut-elle subsister à la défaveur ? Il s’agit de se demander dans quelle mesure la référence à Ovide permet au mémorialiste d’alimenter une réflexion sur la condition à la fois psychologique et sociale d’un homme qui a perdu la faveur du prince.

Pour la version écrite de cette publication, voir Damien Crelier, « De la mélancolie du disgracié. Étude d’un vestige ovidien dans les Mémoires du duc de Saint-Simon », dans Loxias-Colloques, 13. Lettres d’exil. Autour des Tristes et des Pontiques d’Ovide, Mélancolie de la disgrâce: échos génériques, De la mélancolie du disgracié. Étude d’un vestige ovidien dans les Mémoires du duc de Saint-Simon, mis en ligne le 17 août 2019.
URL : http://revel.unice.fr/symposia/actel/index.html?id=1246

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« Exil ovidien, civilisation et barbarie chez Christoph Ransmayr (1988) et Rosalind Belben (2005) », par Claire Paulian

Résumé :
En explorant les réécritures de l’exil ovidien chez deux auteurs contemporains, Claire Paulian interroge la variabilité, voire l’incompatibilité des imaginaires politiques et littéraires associés aux mots « exil » « civilisation » et « barbarie ».

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« Ovide et l’aristocratie augustéenne dans les Pontiques 1 et 2 », par Cyrielle Landrea

Résumé :
La renommée d’Ovide comme poète éclipse souvent son appartenance à l’aristocratie, plus précisément à la seconde aristocratie, celle des chevaliers. Ses relations avec l’aristocratie apparaissent peu dans son œuvre, avant l’exil. Il n’y a pas de patronage poétique classique et il ne s’adresse pas à un cercle fermé. Dans les Pontiques, Ovide revient à une pratique plus traditionnelle de la dédicace, ce qui permet dans un premier temps d’aborder les réseaux aristocratiques au début du principat. Ensuite, est observée la façon dont les lettres d’exil mettent en avant des composantes de l’identité nobiliaire (capital symbolique, exercice du pouvoir, faveur impériale…). Ovide offre ainsi un témoignage contemporain sur les grandes lignées.

Pour la version écrite de cette publication, voir Stéphane Benoist, Florence Klein et Cyrielle Landrea, « 8-17 de notre ère, Ovide à Tomes : lectures croisées des Tristes et des Pontiques » à paraître dans les Actes du Congrès du GIS Humanités qui s’est tenu à Lyon du 17 au 19 décembre 2018, à paraître aux éditions Classiques Garnier.
2e partie : C. Landrea, « Ovide et l’aristocratie dans la littérature d’exil ».

« Le t(/T)riomphe de Pontiques 2, 1 », par Séverine Clément-Tarantino

Résumé :
L’évocation du triomphe pannonien de Tibère dans la première élégie du livre 2 des Pontiques est un texte intrigant à plusieurs titres : on se demande si c’est le (poème du) Triomphe dont Nason parle ensuite à plusieurs reprises ; on perçoit qu’il joue un rôle important dans la formation d’une poétique renouvelée de l’élégie – gaie et romaine. Pourtant, ce poème passe pour un échec – soit qu’on l’identifie au Triomphe sus-cité, que Nason lui-même considère comme raté, soit qu’on considère, en tant que lecteur, que la description de la cérémonie et de la fête est effectivement inférieure aux poèmes qu’Ovide a dédiés à des triomphes de Tibère avant et après celui-ci. Il s’est agi de soupeser cet échec et de proposer dans cette optique une analyse du passage dans la P. 2, 1.

L’usage du mythe étiologique dans l’Épître aux Pisons d’Horace

Le présent article entend mettre en lumière la convocation horatienne, dans l’Épître aux Pisons, de deux figures mythiques majeures, liées aux prémices de la poésie et de la civilisation, Orphée et Amphion. Évitant notamment la représentation de l’Orphée amant, pourtant en vogue à l’époque augustéenne, Horace façonne une généalogie auctoriale au sein de laquelle cohabitent poètes légendaires et grands noms de la tradition grecque. Fidèle à la démarche didactique qu’il épouse tout au long de l’épître, il prétend ainsi faire l’éloge de la poésie auprès de ses destinataires et, plus largement, de la jeunesse romaine contemporaine.

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Épidémie à l’école de latin et de grec, d’après Thucydide

Les experts ne sont pas unanimes pour attribuer ce texte à Thucydide et penchent plutôt pour un exercice scolaire de l’époque impériale, durant lequel l’élève devait écrire à la manière d’un auteur. Quoi qu’il en soit de la date de sa composition, cet extrait nous donne un aperçu des difficiles conditions sanitaires qui apparaissaient sur les lieux d’enseignement, mal chauffés, à l’arrivée des premiers froids, et des problèmes que l’on avait alors pour s’approvisionner.

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Redécouvrir la musique de la Grèce antique

Armand D’Angour propose une brève introduction à la musique grecque antique et ses rapports à la poésie. La traduction française inédite de ce billet paru en anglais pour « OUPblog » en juin 2018 est réalisée pour Insula par les étudiants du Master en « Traduction spécialisée multilingue » (TSM) de l’Université de Lille.

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Vases grecs et Vase qui parle à Boulogne-sur-Mer

Exposition « Une saison en Grèce » jusqu’au 8 décembre 2019.

Le Musée de Boulogne-sur-Mer consacre une exposition à sa très importante collection de vases grecs à l’occasion de la publication d’un livre sur celle-ci. En contrepoint, le Vase qui parle redonne de la voix.

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Peut-on prendre des libertés lorsque l’on traduit : réflexions d’un traducteur

Faut-il traduire littéralement les topiques présents chez les auteurs anciens, ou les remplacer par des équivalents modernes approximatifs ? Dans un article paru sur le Blog d’Oxford university press en février 2017, Gideon Nisbet, traducteur de Martial, fait part de ses réflexions de traducteur. La traduction française inédite de cet article est réalisée pour Insula par les étudiants du Master en « Traduction spécialisée multilingue » (TSM) de l’Université de Lille.

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